Garder l’ancien revêtement évite la démolition, la poussière et les gravats. Mais poser du carrelage sur un ancien carrelage ne fonctionne que si le support tient bien en place. Voici comment le vérifier, puis comment procéder.
Peut-on poser du carrelage sur un ancien carrelage ?
La réponse est oui, sous conditions. Le carrelage existant doit être sain, adhérent, sec et suffisamment plan. S’il est décollé par endroits, fissuré en profondeur ou posé sur un sol qui travaille, mieux vaut déposer : le nouveau revêtement reproduirait les mêmes désordres en quelques mois (la méthode pour enlever du carrelage mural détaille la dépose).
Avant d’acheter quoi que ce soit, faites trois contrôles. Le premier est le sonnage : tapotez chaque carreau avec le manche d’un tournevis ou un maillet en caoutchouc. Un carreau qui sonne creux a perdu son adhérence. Si ces zones dépassent environ 10 % de la surface, la dépose s’impose.
Le deuxième contrôle porte sur la planéité. Posez une règle de 2 m sur le sol dans plusieurs directions : l’écart sous la règle ne doit pas dépasser 3 à 5 mm. Au-delà, un ragréage sera nécessaire, avec l’épaisseur supplémentaire que cela implique. Le troisième contrôle concerne les hauteurs : ouverture des portes, seuil de porte, raccord avec la pièce voisine.
| Ce que vous constatez | Décision |
|---|---|
| Carreaux tous adhérents, quelques fissures de surface | Pose possible après nettoyage et primaire |
| Moins de 10 % de carreaux qui sonnent creux | Retirer les carreaux concernés, reboucher, puis poser |
| Écart de planéité supérieur à 5 mm | Ragréage, ou dépose si la hauteur disponible manque |
| Humidité, remontées d’eau, fissures qui bougent | Dépose et traitement de la cause avant toute pose |
| Porte qui ne s’ouvrira plus après 2 cm de hauteur en plus | Rabotage des portes ou dépose de l’ancien revêtement |
Vérifier et préparer l’ancien carrelage
Une fois le feu vert donné, la préparation du support représente l’essentiel du travail. Commencez par retirer les carreaux décollés, grattez les restes de colle et rebouchez les trous avec un mortier de réparation. Les fissures fines et stables se comblent, mais une fissure qui s’ouvre et se referme avec les saisons révèle un mouvement du support : elle réapparaîtra à travers le nouveau carrelage.
Vient ensuite le dégraissage. Les sols de cuisine et de salle de bains sont souvent couverts d’un film de savon, de graisse ou de cire. Lavez avec une lessive adaptée (type soude ou nettoyant dégraissant pour sols), rincez à l’eau claire, puis laissez sécher complètement. Un support gras fait échouer la meilleure des colles.
Reste la question de l’accroche. Un ancien carrelage émaillé et lisse n’offre presque aucune prise au mortier. Deux méthodes existent : poncer la surface pour la matifier, ou appliquer un primaire d’accrochage adapté aux supports non absorbants. Le primaire est généralement plus propre et plus régulier que le ponçage, qui produit beaucoup de poussière. Dans les deux cas, dépoussiérez soigneusement avant de continuer.
L’erreur qui ruine le plus de chantiers
Coller directement sur un carreau émaillé sans primaire ni ponçage. La pose paraît correcte, puis les carreaux se décollent par plaques au bout de quelques mois. Cinq minutes de primaire valent mieux qu’un chantier à refaire.
Choisir la colle et poser le nouveau carrelage

Sur un support déjà carrelé, optez pour un mortier-colle amélioré de classe C2, idéalement déformable (S1). Cette colle déformable absorbe les petits mouvements entre deux supports de nature différente et limite les risques de fissuration. Vérifiez sur l’emballage que le produit est prévu pour les supports non absorbants et pour l’usage visé : sol intérieur, pièce humide, grand format.
Étalez la colle sur de petites zones avec une truelle crantée, en gardant le même sens de passage pour que les sillons restent réguliers. Le choix de la dent dépend du format : plus le carreau est grand, plus le cran doit être profond. Pour les carreaux de plus de 30 cm, pratiquez le double encollage, c’est-à-dire un peu de colle également sur le dos du carreau, afin d’éviter les vides qui sonneront creux plus tard.
Posez les carreaux en les pressant légèrement avec un mouvement de va-et-vient, contrôlez le niveau régulièrement et utilisez des croisillons pour garder des joints constants. Décalez si possible les joints du nouveau revêtement par rapport à ceux de l’ancien : vous éviterez ainsi de créer des lignes de faiblesse superposées. Essuyez immédiatement les traces de colle avant qu’elles ne durcissent.
Réaliser les joints et finaliser la pose
Respectez le temps de prise indiqué par le fabricant de la colle, en général 24 heures avant de jointoyer. Le jointoiement se fait avec un mortier de joint adapté à la largeur des joints et à la pièce (hydrofuge en pièce d’eau). Appliquez-le à la raclette caoutchouc en diagonale, puis nettoyez à l’éponge humide une fois le produit légèrement tiré.
Prévoyez aussi les joints de fractionnement. Dans les grandes pièces, un joint souple tous les 40 m² environ (ou à chaque seuil et changement de direction) absorbe les dilatations. Les joints de périphérie contre les murs se remplissent d’un mastic souple, que les plinthes viendront masquer. Le sol peut généralement être circulé après 24 à 48 heures, mais attendez quelques jours avant de le laver abondamment.
Limites, épaisseur et cas du parquet

La pose sur carrelage existant ajoute en moyenne 1 à 2 cm de hauteur, selon l’épaisseur du carreau, de la colle et d’un éventuel ragréage. Cette hausse de niveau a des conséquences concrètes : les portes risquent de frotter, le seuil de porte doit être repris ou remplacé par une barre de seuil, et les plinthes sont à déposer puis reposer ou à remplacer. Prévoyez aussi la hauteur disponible sous les meubles de cuisine et les appareils encastrés, ainsi que la marche éventuelle avec la pièce voisine.
La charge compte également : le nouveau revêtement ajoute environ 20 kg/m² sur le plancher. Sur une dalle béton, cela ne pose aucun problème. Sur un plancher bois ou une structure légère, faites vérifier la portance avant de poursuivre.
Le cas du parquet est différent. Carreler directement sur du parquet flottant ou sur un revêtement souple (lino, PVC) est fortement déconseillé : ces supports bougent et se déforment. Sur un parquet cloué ou collé parfaitement stable, la pose reste envisageable, mais uniquement avec une désolidarisation (panneau ou natte adaptée) et une colle prévue pour cet usage. Dans le doute, retirer le revêtement ou demander l’avis d’un carreleur reste la solution la plus fiable.
Le principe vaut aussi pour le mur et le sol : au mur, la hauteur ajoutée gêne moins, mais la charge et l’adhérence demandent la même rigueur. Évitez les très grands formats lourds sur un ancien carrelage mural, et vérifiez que chaque carreau tient avant de poser. Un support éprouvé, un primaire d’accrochage et une colle C2 déformable suffisent à réussir la grande majorité de ces rénovations.





