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Comment se débarrasser des fourmis dans les plantes, en pot comme au jardin

Jardinier gante pulverisant un liquide sur une feuille verte

Des fourmis qui défilent sur un rosier, un fraisier ou un pot de plantes d’intérieur, c’est rarement un hasard. Dans la plupart des cas, elles ne sont pas le problème de départ : elles suivent une source de nourriture sucrée. Pour s’en débarrasser pour de bon, il faut donc s’occuper à la fois des fourmis et de ce qui les attire.

Comment éliminer les fourmis présentes dans vos plantes

La méthode tient en cinq étapes, à enchaîner dans cet ordre pour un résultat durable.

  1. Inspectez la plante : dessous des feuilles, jeunes pousses, tiges et base du pot. Cherchez des pucerons verts ou noirs, des cochenilles blanchâtres ou brunes, et des feuilles collantes ou luisantes.
  2. Traitez les insectes qui produisent le miellat (méthode détaillée plus bas), car c’est eux qui nourrissent les fourmis.
  3. Repérez le nid. Suivez le trajet des fourmis : il mène souvent au terreau du pot, au pied de la plante ou sous une pierre voisine.
  4. Déplacez ou détruisez la colonie. Pour une plante en pot, trempez le pot dans une bassine d’eau tiède pendant 15 à 20 minutes : le terreau se gorge d’eau et les fourmis, larves et reine sortent. Pour un massif, utilisez de la terre de diatomée ou un appât adapté près du nid.
  5. Posez une barrière au tronc contre les fourmis pour couper les passages et empêcher le retour.

Eau bouillante sur le nid : une fausse bonne idée

Verser de l’eau bouillante au pied d’une plante tue certes les fourmis, mais elle brûle aussi les racines. Le bain tiède du pot ou la terre de diatomée sont bien moins risqués pour la plante.

Pourquoi les fourmis s’installent dans vos plantes

Les pucerons et les cochenilles se nourrissent de la sève et rejettent un liquide sucré, le miellat. Les fourmis s’en régalent. En échange, elles protègent souvent ces ravageurs contre leurs prédateurs naturels, comme les coccinelles ou les chrysopes. Les pucerons prospèrent donc davantage, et la plante s’affaiblit.

Ce phénomène est très répandu : une synthèse mondiale récente a recensé 328 associations fourmis-ravageurs dans 69 pays. Cette alliance peut réduire l’efficacité de la lutte biologique, ce qui explique pourquoi lâcher des auxiliaires ne suffit pas quand les fourmis montent la garde.

Les fourmis ne sont pas toujours malfaisantes pour autant, et notre article sur les fourmis du jardin, utiles ou nuisibles explique quand intervenir. Certaines espèces défendent les plantes contre des herbivores. Une étude de 2024, menée sur 21 espèces végétales en Amazonie brésilienne, a d’ailleurs montré que davantage de fourmis sur certaines plantes ne réduisait pas forcément les dégâts sur les plantes voisines. Au jardin, mieux vaut donc ne pas compter sur elles comme gardiennes.

Un autre cas existe : la colonie s’est simplement installée dans un terreau sec et meuble, notamment dans un pot ou une jardinière posée contre un mur chaud. Les fourmis y creusent leurs galeries, la reine y pond, et les racines se retrouvent déstabilisées par les vides d’air.

Supprimer les pucerons et cochenilles qui les attirent

Rosier sous un jet puissant, gouttes eclaboussant le sol

C’est l’étape qui règle le problème à la racine. Sans miellat, les fourmis n’ont plus de raison de rester. Commencez par un jet d’eau assez ferme pour décoller les pucerons des tiges, sur un rosier par exemple. Les insectes tombés au sol ont du mal à remonter, surtout si une barrière protège le pied.

Pulvérisez ensuite une solution d’eau savonneuse : une cuillère à soupe de savon noir liquide dans un litre d’eau tiède, versée dans un pulvérisateur (pour les dosages détaillés, consultez notre guide du traitement puceron savon noir et vinaigre). Traitez le dessus et surtout le dessous des feuilles, le soir ou par temps couvert pour éviter de brûler le feuillage. Renouvelez tous les 5 à 7 jours pendant trois semaines, car les œufs éclosent par vagues.

Pour les cochenilles, protégées par une carapace, frottez-les avec un coton imbibé d’alcool à 70° dilué ou d’eau savonneuse, puis appliquez de l’huile de neem diluée selon les indications du fabricant. Cette huile étouffe les insectes et perturbe leur développement. Évitez-la en plein soleil, et testez-la d’abord sur une seule feuille.

Retenez surtout qu’il faut traiter les pucerons et cochenilles en même temps que les fourmis. Si vous ne faites que chasser les fourmis, les ravageurs restent sur place et le cycle reprend dès que de nouvelles ouvrières arrivent.

Empêcher les fourmis de revenir

La prévention repose sur des obstacles physiques et des répulsifs. Aucun n’est infaillible seul, mais combinés ils réduisent fortement les passages. Le tableau suivant résume les options les plus courantes.

Méthode Où l’utiliser Précaution
Terre de diatomée Autour du pied, sur le passage des fourmis Doit rester sèche, à renouveler après la pluie ; évitez d’en respirer la poussière
Scotch double-face Autour du tronc d’un arbuste ou du bord d’un pot Remplacer dès qu’il est recouvert de poussière
Craie Trait sur le rebord d’une jardinière ou d’un support Efficacité limitée, à refaire souvent
Marc de café Fine couche au pied d’un rosier ou d’un fraisier Bien sec, en couche mince, pour éviter les moisissures
Bicarbonate de soude Sur les fissures et passages, à distance des racines À éviter dans le terreau : il peut nuire à la plante

Ces astuces de grands-mères valent surtout pour limiter les allées et venues. Pour une colonie bien installée, il faut détruire le nid, sans quoi la reine continue de pondre. Dans un potager ou près d’un rosier, repérez la fourmilière et traitez-la directement plutôt que de multiplier les barrières sur chaque plante.

Côté jardinage, un arrosage régulier et un terreau tassé légèrement rendent le sol moins attractif. Surveillez aussi les plantes voisines : des pucerons sur un seul pied suffisent à attirer les fourmis vers toute la rangée.

Plantes en pot et d’intérieur : les précautions à prendre

Pot de plante verte trempant dans un seau

En intérieur, on évite les produits en poudre ou les appâts à portée des enfants et des animaux. Le trempage du pot dans l’eau tiède reste la solution la plus propre. Laissez ensuite le pot s’égoutter complètement avant de le replacer dans sa soucoupe.

Si le terreau est envahi, un rempotage est souvent la meilleure option. Sortez la motte, retirez le maximum de terre infestée, vérifiez les racines, puis replantez dans du terreau neuf et propre. Profitez-en pour nettoyer le pot ou la jardinière à l’eau chaude savonneuse.

Isolez ensuite la plante : placez le pot sur un support dont les pieds trempent dans des coupelles d’eau, ou entourez le bord d’un ruban de scotch double-face. Contrôlez régulièrement vos plantes d’intérieur, en particulier les nouvelles, car pucerons et cochenilles arrivent souvent avec une plante achetée récemment.

Enfin, ne laissez pas de miettes sucrées ou de fruits trop mûrs près des pots. Un coin de cuisine propre et des feuilles nettoyées de leur miellat à l’éponge humide suffisent à décourager de nouvelles visites.

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Article publié par la rédaction de Lamaison Degrandmere.

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