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Quelle est la hauteur maximale d’une haie entre voisins, et à quelle distance la planter ?

Ruban de mesure dresse contre des thuyas tailles

Une haie qui monte trop haut finit souvent par gâcher les relations de voisinage : lumière en moins, feuilles chez l’autre, tensions qui s’installent. Avant d’en venir aux mots, mieux vaut connaître la règle exacte, car elle n’est pas tout à fait celle que l’on imagine.

Quelle est la hauteur maximale d’une haie entre voisins ?

Le Code civil ne fixe aucun plafond national. Il ne dit pas « une haie ne doit pas dépasser X mètres ». Il impose une règle de distance qui dépend de la hauteur, prévue à l’article 671 : plus la haie est haute, plus elle doit être éloignée de la limite séparative.

Concrètement, une haie qui ne dépasse pas 2 mètres peut être plantée à 0,5 mètre de la limite. Au-delà de 2 mètres de hauteur, la distance minimale passe à 2 mètres. La hauteur se mesure du sol au sommet de la haie, et la distance depuis le centre du tronc jusqu’à la ligne séparative.

Les distances à respecter selon la hauteur de la haie

Hauteur de la haie Distance minimale de la limite séparative
Jusqu’à 2 mètres 0,5 mètre (50 cm)
Plus de 2 mètres 2 mètres

Dans les faits, une haie plantée à 80 cm de la limite doit donc être taillée à 2 mètres de hauteur au maximum. Une haie plantée à 2,50 mètres peut en revanche monter plus haut, tant qu’aucune règle locale ne s’y oppose et qu’elle ne cause pas de gêne anormale.

Hauteur de haie : la règle des 2 mètres en un coup d’œil

Mesurez la distance entre l’axe du tronc et la limite. Si elle est inférieure à 2 mètres, taillez la haie à 2 mètres maximum. Si elle atteint 2 mètres ou plus, la haie peut dépasser cette hauteur.

Si la haie ne respecte pas ces distances, le voisin peut exiger qu’elle soit arrachée ou réduite à 2 mètres (article 672 du Code civil). Cette faculté s’éteint en principe au bout de trente ans, ou si un titre ou la destination du père de famille autorise la situation.

Les règles locales (PLU, règlement communal, usages) qui peuvent limiter la hauteur

Haie de thuyas taillée devant un muret blanc

L’article 671 ne s’applique qu’à défaut de règlements ou d’usages locaux contraires. Un plan local d’urbanisme (PLU), un règlement de lotissement ou un usage constant dans la commune peuvent donc imposer une hauteur maximale, une distance plus grande ou le choix d’essences particulières.

Pour vérifier, deux options. Vous pouvez demander le règlement de la zone concernée à la mairie, ou le consulter en ligne sur le Géoportail de l’urbanisme en saisissant l’adresse de la parcelle. Dans un lotissement, pensez aussi au cahier des charges et, en copropriété, au règlement de copropriété, qui limitent parfois la hauteur des clôtures végétales.

Haie mitoyenne ou non : qui décide et qui entretient ?

Une haie plantée exactement sur la limite, avec l’accord des deux voisins ou depuis toujours, est présumée mitoyenne. Les distances de l’article 671 ne jouent alors pas de la même manière : la haie est commune, son entretien et les frais associés sont partagés, et aucun des deux ne peut la couper ou la supprimer seul.

Une haie non mitoyenne appartient au propriétaire du terrain sur lequel elle est plantée. C’est lui qui la taille, qui répond de sa hauteur et qui doit respecter les distances. Pour la haie mitoyenne, la hauteur se décide à deux, idéalement en s’accordant sur un niveau de taille régulier.

Branches ou racines qui dépassent : que peut faire le voisin ?

L’article 673 du Code civil distingue deux situations. Pour les branches qui avancent chez vous, vous ne pouvez pas les couper vous-même : vous pouvez contraindre le propriétaire à le faire. Pour les racines, ronces et brindilles, vous avez le droit de les couper à la limite, à vos frais en général, sans autorisation.

Une haie trop haute ou mal entretenue peut aussi créer un trouble anormal de voisinage : ombre excessive, humidité, racines qui fragilisent un mur ou des canalisations. Même une haie conforme aux distances peut être sanctionnée si la gêne dépasse ce que l’on tolère normalement entre voisins.

Conflit avec le voisin : démarches amiables, médiation et recours

Deux voisins discutent devant une haie mesuree au ruban

La démarche se fait par paliers. On commence par une discussion franche, de préférence sur place, photos et mesures à l’appui. Si rien ne bouge, on envoie une lettre de mise en demeure en recommandé avec accusé de réception, qui laisse un délai raisonnable pour agir.

Modèle de lettre amiable à adapter

Madame, Monsieur,

Votre haie, plantée à environ [distance] de notre limite séparative, atteint aujourd’hui [hauteur] mètres. Elle ne respecte donc pas l’article 671 du Code civil [ou : le règlement local de la commune]. Elle nous prive de [lumière / vue] et [décrire la gêne].

Nous vous demandons de la ramener à 2 mètres de hauteur avant le [date, 1 à 2 mois]. À défaut, nous saisirons un conciliateur de justice, puis, si nécessaire, le tribunal judiciaire.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées. [Date, nom, signature]

Si la lettre reste sans effet, le conciliateur de justice intervient gratuitement. Il est joignable via la mairie ou le tribunal, et peut déboucher sur un accord écrit. En cas d’échec, il reste la saisine du tribunal judiciaire, où une tentative de résolution amiable préalable est en général exigée pour les troubles de voisinage.

Gardez des preuves tout au long de la procédure : photos datées, mesures, constat de commissaire de justice si le litige s’enlise. Une haie qui dépasse n’est pas toujours illégale, mais une haie hors distance, hors règlement local ou source de nuisance réelle ouvre un droit à régularisation que le voisin ne peut pas ignorer très longtemps.

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Article publié par la rédaction de Lamaison Degrandmere.

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