Maison

Quelle recette pour un traitement puceron savon noir et alcool à brûler ?

Main gantee tenant un vaporisateur sur feuille verte

Le mélange de savon noir et d’alcool à brûler circule beaucoup dans les jardins, mais il est souvent présenté de façon floue. Or les deux ingrédients n’ont pas le même rôle. Le savon noir suffit dans la plupart des cas, alors que l’alcool vise surtout le puceron lanigère, protégé par sa cire blanche et cotonneuse. Voici les proportions, la méthode et les limites à connaître avant de sortir le pulvérisateur.

Recette du mélange savon noir et alcool à brûler contre les pucerons

Pour les pucerons verts, noirs ou cendrés, oubliez l’alcool : le savon noir dilué fait le travail, et une version sans alcool est détaillée dans notre traitement savon noir et vinaigre blanc. Comptez 1 à 2 cuillères à soupe de savon noir liquide par litre d’eau, soit environ 15 à 30 ml (1,5 à 3 %). Pour un traitement de 10 litres, cela représente 100 à 300 ml. Commencez par la dose la plus faible, surtout sur de jeunes pousses.

Pour le puceron lanigère, ajoutez l’alcool. La base reste simple : 1 litre d’eau, 1 cuillère à soupe de savon noir et 1 cuillère à soupe d’alcool à brûler. L’alcool dissout la cire qui enveloppe les colonies, ce que le savon seul fait mal.

Parasite Pour 1 litre d’eau Mode d’application
Pucerons verts, noirs, cendrés 1 à 2 cuillères à soupe de savon noir Pulvérisation sur les colonies
Puceron lanigère 1 cuillère à soupe de savon noir + 1 cuillère à soupe d’alcool à brûler Pinceau, coton-tige ou jet ciblé

Préparer la solution

Versez d’abord le savon noir dans de l’eau tiède et remuez jusqu’à dissolution complète. Ajoutez l’alcool à brûler en dernier, puis agitez doucement pour ne pas faire mousser. Si possible, utilisez de l’eau de pluie ou une eau peu calcaire, car le calcaire réduit l’efficacité du savon. Choisissez un savon noir liquide pur, sans parfum ajouté.

Préparez le mélange au moment de l’emploi et utilisez-le dans la journée. L’alcool est inflammable : pas de flamme, pas de cigarette, et rangez le bidon à l’écart après usage.

Comment appliquer le traitement sur les pucerons

Le moment compte autant que la recette. Traitez en fin de journée ou tôt le matin, par temps couvert et sous 25 °C, jamais en plein soleil. Le savon mouille les feuilles et la chaleur augmente fortement le risque de brûlure des feuilles.

  1. Faites un test préalable : pulvérisez une seule feuille et attendez 24 à 48 heures.
  2. Si la feuille ne jaunit ni ne brunit, traitez la plante entière.
  3. Visez les colonies en insistant sur le dessous des feuilles et les jeunes pousses, là où les pucerons se regroupent.
  4. Pour le puceron lanigère, tamponnez les amas cotonneux au pinceau ou au coton-tige imbibé de la solution.
  5. Recommencez tous les 5 à 7 jours, deux à trois fois, pour toucher les larves qui éclosent.

Sur les légumes et les fruits, un rinçage à l’eau claire avant la récolte retire les résidus de savon. Évitez d’utiliser l’alcool sur ces cultures.

Savon noir ménager et insecticide : ce que dit la réglementation

En France, seuls les produits autorisés pour un usage précis peuvent être présentés comme insecticides. Un savon noir vendu comme produit d’entretien n’est pas automatiquement homologué pour traiter les plantes. Le savon noir réduit une infestation par contact, mais l’ajout d’alcool à brûler est déconseillé sur les plantes comestibles.

Comment le savon noir et l’alcool agissent sur les pucerons

Feuille de rosier couverte de pucerons verts

Le savon noir agit uniquement par contact. Ses sels potassiques d’acides gras altèrent la cuticule du puceron et peuvent obstruer ses orifices respiratoires, les stigmates. Une fois la solution sèche, il n’a plus aucun effet : les pucerons qui arrivent après le traitement ne sont pas touchés.

Le puceron lanigère, lui, se cache sous un duvet de cire qui repousse l’eau. Le savon seul glisse dessus. L’alcool dissout cette cire et accélère le dessèchement de l’insecte, d’où l’intérêt du mélange pour ce parasite, très fréquent sur le pommier. Sur les pucerons ordinaires, sans cire protectrice, l’alcool n’apporte rien de plus et ne fait qu’augmenter le risque pour le feuillage.

Sur quelles plantes utiliser ce mélange et quelles précautions prendre

Le savon noir seul se tolère bien sur les rosiers, les arbustes d’ornement, les arbres fruitiers et la plupart des légumes. Certaines plantes à feuillage tendre ou duveteux, comme les semis ou les jeunes courgettes, supportent mal le traitement. Le test préalable reste donc obligatoire, même pour une plante déjà traitée l’an dernier.

Pour le puceron lanigère du pommier, réservez le mélange avec alcool aux colonies installées sur le bois, les branches et les cicatrices de taille. Appliquez-le au pinceau pour éviter de mouiller les jeunes feuilles et les fleurs. Les plantes en pot d’intérieur, les plantes grasses et les plantes en fleur demandent une dose réduite, voire un autre traitement.

L’erreur classique : doubler la dose pour aller plus vite

Plus de savon ou d’alcool ne tue pas mieux les pucerons, mais il grille les feuilles. Mieux vaut une solution modérée appliquée plusieurs fois que un mélange concentré en une seule passe.

Ce traitement est-il efficace et quelles sont ses limites ?

Pulverisateur traitant des feuilles de rosier couvertes de pucerons

Sur une colonie modérée et bien accessible, le traitement donne de bons résultats dès la première application. Il atteint vite ses limites quand les pucerons sont protégés dans des feuilles enroulées, ou quand le puceron lanigère se cache sur les racines. Dans ces cas, la solution ne touche tout simplement pas l’insecte.

Autre inconvénient : le savon ne fait pas le tri. Les larves de coccinelles et les autres auxiliaires qui mangent les pucerons sont touchés aussi. Évitez de traiter les arbres et arbustes où elles sont déjà installées, ou ciblez uniquement les foyers de pucerons.

Un jet d’eau puissant, l’huile de colza ou une solution de savon de Marseille donnent des résultats comparables sur des pucerons ordinaires, avec moins de risques. Si les fourmis montent sur la plante, elles protègent les colonies en échange du miellat : il faut aussi s’en occuper. Ce liquide collant favorise l’apparition de fumagine, un dépôt noirâtre sur les feuilles, qui disparaît en général une fois les pucerons éliminés.

Enfin, un traitement naturel ne dispense pas de surveiller. Un contrôle toutes les semaines au printemps permet de repérer les premières colonies, quand quelques pulvérisations suffisent encore.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Lamaison Degrandmere.

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *